Après le suicide de trois prisonniers de Guantanamo
D’abord les faits : samedi, trois prisonniers de l’enclave américaine située au sud de Cuba, Guantanamo, se sont pendus dans leurs cellules. Il s’agit de deux Saoudiens et d’un Yéménite du « camp n°1 » où sont regroupés les détenus bénéficiant de quelques avantages pour bonne conduite. Ils auraient utilisé des draps et des vêtements.
Ce suicide n’arrange pas les affaires de Georges W. Bush, qui avait pourtant matière à satisfaction avec la récente mort de l’islamiste al-Zarquaoui. De plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer la fermeture de cette prison d’exception, considérée comme une « anomalie » par le Premier ministre britannique Tony Blair.
Depuis quatre ans et demi, elles abritent des captifs sans inculpation ni procès, à l’exception de dix d’entre eux. Si trois cents détenus ont été renvoyés dans leurs pays d’origine sans qu’on en connaisse les raisons, quelque 465 — dont un quart de Saoudiens, de nombreux Yéménites et Afghans — attendent toujours d’être fixés sur son leur sort. Pour les Etats-Unis, il ne s’agit pas de « prisonniers de guerre » mais d’ « ennemis combattants ». Ils justifient ainsi le non-respect de la convention de Genève. Peut-on l’accepter de la part d’une grande démocratie ? Certes, non. « Un système sans justice est un système sans espoir », a d’ailleurs déclaré Bill Goodman, du Centre pour les droits constitutionnels à New York.
Rares sont ceux qui prennent pour argent comptant la version officielle selon laquelle le geste des trois suicidés aurait été « planifié, pas spontané ».
« Nous voudrions mettre fin à Guantanamo », a déjà déclaré la Maison blanche. Il faut pour cela trouver une porte de sortie juridique. Elle pourrait venir de la Cour suprême qui doit statuer sur la légalité de ces juridictions d’exception au regard de la constitution américaine.
Qu’on ne s’y méprenne pas, les pensionnaires ne sont pas des enfants de chœur. Qui sait, leur détention a peut-être permis d’éviter des attentats. Ils ont peut-être livré des informations utiles dans la lutte contre le terrorisme. Mais aujourd’hui ? Selon Georges W. Bush, certains, « s’ils étaient lâchés dans la rue, causeraient beaucoup de mal. »
Sauf que leur enfermement nuit déjà aux États-Unis. Il abîme leur image en Occident. Du coup, la communauté internationale, culpabilisant de sa complicité, commence à regretter d’avoir autorisé le transit d’avions de la CIA pour acheminer les détenus à Cuba et à dénoncer l’existence d’autres camps, secrets ceux-là. Surtout, il donne du grain à moudre à leurs ennemis. C’est peut-être ce qu’il y a de plus dangereux.
Ce suicide n’arrange pas les affaires de Georges W. Bush, qui avait pourtant matière à satisfaction avec la récente mort de l’islamiste al-Zarquaoui. De plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer la fermeture de cette prison d’exception, considérée comme une « anomalie » par le Premier ministre britannique Tony Blair.
Depuis quatre ans et demi, elles abritent des captifs sans inculpation ni procès, à l’exception de dix d’entre eux. Si trois cents détenus ont été renvoyés dans leurs pays d’origine sans qu’on en connaisse les raisons, quelque 465 — dont un quart de Saoudiens, de nombreux Yéménites et Afghans — attendent toujours d’être fixés sur son leur sort. Pour les Etats-Unis, il ne s’agit pas de « prisonniers de guerre » mais d’ « ennemis combattants ». Ils justifient ainsi le non-respect de la convention de Genève. Peut-on l’accepter de la part d’une grande démocratie ? Certes, non. « Un système sans justice est un système sans espoir », a d’ailleurs déclaré Bill Goodman, du Centre pour les droits constitutionnels à New York.
Rares sont ceux qui prennent pour argent comptant la version officielle selon laquelle le geste des trois suicidés aurait été « planifié, pas spontané ».
« Nous voudrions mettre fin à Guantanamo », a déjà déclaré la Maison blanche. Il faut pour cela trouver une porte de sortie juridique. Elle pourrait venir de la Cour suprême qui doit statuer sur la légalité de ces juridictions d’exception au regard de la constitution américaine.
Qu’on ne s’y méprenne pas, les pensionnaires ne sont pas des enfants de chœur. Qui sait, leur détention a peut-être permis d’éviter des attentats. Ils ont peut-être livré des informations utiles dans la lutte contre le terrorisme. Mais aujourd’hui ? Selon Georges W. Bush, certains, « s’ils étaient lâchés dans la rue, causeraient beaucoup de mal. »
Sauf que leur enfermement nuit déjà aux États-Unis. Il abîme leur image en Occident. Du coup, la communauté internationale, culpabilisant de sa complicité, commence à regretter d’avoir autorisé le transit d’avions de la CIA pour acheminer les détenus à Cuba et à dénoncer l’existence d’autres camps, secrets ceux-là. Surtout, il donne du grain à moudre à leurs ennemis. C’est peut-être ce qu’il y a de plus dangereux.
