6/08/2006

Mondial 2006 : le destin de la France en jeu

Jamais la planète n’est aussi ronde qu’au moment de la coupe du monde de football. Impossible en effet d’échapper à l’événement qui, cette année, se déroule en Allemagne.
Le football a pour lui d’être magique. Dans un dossier, nos confrères de La Vie ont même montré qu’il pouvait être à l’origine d’une grande religiosité. Les joueurs qui s’adressent à Dieu pour les aider à vaincre sont légion. Ici, c’est le Portugais Cristiano Ronaldo, catholique pratiquant, qui implore le ciel, juste avant de tirer un pénalty contre la Grèce en coupe d’Europe. Là, c’est le Brésilien Ronaldinho qui prie avant et après chaque match. Chacun espère un miracle.
Le premier n’est-il pas la parenthèse qui va s’ouvrir un mois durant ? Oubliés les salaires mirobolants des stars du ballon rond, les scandales qui secouent l’Italie et la Belgique… On pardonne tout. On ne veut pas gâcher la fête. Dans son édition du 1er juin, Le Monde rappelait à la conscience collective que Johnny Hallyday, en octobre 2003, avait déclaré sur Canal + avoir séjourné dans une clinique suisse spécialisée dans l’oxygénation du sang, révélant ensuite que l’adresse lui avait été recommandée par... Zinédine Zidane. Mais on ne touche pas à la personnalité préférée des Français après l’abbé Pierre. L’information est, du coup, restée inaperçue.
Dans d’autres pays, les mêmes icônes sont autant d’échappatoires à des réalités qui font en temps normal froid dans le dos. En Côte d’Ivoire, pour la première fois qualifiée de son histoire, la guerre civile fait une pause pour l’occasion. En Iran, le Mondial est une chance en or pour ce pays d’améliorer son image sur la scène internationale.
En France, les Ségolènophobes, les anti-Sarkozy, les lassés de l’affaire Clearstream ou encore les révoltés du lundi travaillé de la Pentecôte pourront eux aussi souffler un peu. Et se dire que le destin de la nation est en jeu. Deux exemples : que les surhommes de M. Domenech remportent cette compétition, Dominique de Villepin se frottera les mains. Sa cote de popularité grimpera mécaniquement. De même, les black-blanc-beur feront aussitôt oublier les émeutes de l’automne. On vantera alors les mérites de l’intégration à la française dans un pays où des slogans demandent aux étrangers de le quitter s’ils ne l’aiment pas.
Par contre, que le scénario de Séoul vienne à se répéter, déjà que le soleil joue les remplaçants sur les bancs de touche, notre pays touchera alors le fond de la barrique. Il aura bien du mal à s’en relever.

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